Plan Transition Numérique dans le Bâtiment

Batiment numerique

Contexte

Le bâtiment touché par la digitalisation de la société

Internet, smartphones, tablettes, bornes interactives, applis, domotique connectée, objets connectés… La digitalisation de la société s’accélère à une vitesse phénoménale. Que ce soit pour les usages de la vie courante, mais aussi sur le lieu de travail, les outils numériques envahissent le quotidien de chacun. Une mutation profonde, inéluctable, qui touche de plein fouet l’ensemble de la filière et des acteurs du bâtiment.

Tous connectés, tous mobiles ! Plus de 60 % des Français possèdent un smartphones aujourd'hui, contre 40 % en 2012. Et que dire du taux de croissance record (+ 206 % sur un an) qu'enregistrent les vendeurs de tablettes numériques !
 
La digitalisation, par la multiciplicité des écrans, envahit chaque jour un peu plus la société. Poussée par des fabricants plus ingénieux les uns que les autres, et par des start-up animés par la volonté de démontrer que les applications numériques sont des outils de simplification, de confort, d'accessibilité et parfois de gains financiers, le processus de numérisation de l'économie connaît une accélération vertigineuse. Le bâtiment n'y échappe pas. 

 

Les applis numériques sources de simplification et de confort

Consommateur régulier d'applications dans la vie de tous les jours, les professionnels du bâtiment souhaitent trouver la même simplicité d'usage du numérique. À condition de disposer des bons outils offrant une garantie indéniable de fiabilité. Le digital ludique laisse place au digital professionnel, où des enjeux financiers, juridiques et techniques doivent être intégrés, tout comme les conséquences induites en termes de responsabilité en cas de contentieux.
 
Nul ne doute des progrès accomplis pour sécuriser et fiabiliser les usages professionnels du numérique. Toutefois, les outils ne seront valablement utilisés que s'ils démontrent leur efficacité et leur simplicité d'utilisation, comme cela est le cas dans la vie de tous les jours.

 

Le numérique dans le bâtiment

La filière du bâtiment, qui représente plus de 6 % du PIB ne peut rester à l'écart de cette évolution, elle qui emploie 1,5 million d'actifs. Le poids du secteur nécessite que l'on procure à l'ensemble des acteurs de la chaine de valeur de la filière les moyens de s'approprier des outils d'innovation et de progrès. La digitalisation constitue une véritable révolution culturelle qu'il s'agit d'accompagner : c'est là, tout le sens des trois orientations structurantes du Plan transition numérique dans le bâtiment.
 
Certes, le numérique n'est pas une nouveauté. Les premières liaisons entre ordinateurs ont été créées sur un campus universitaire, aux Etats-Unis, via une messagerie, au lendemain de la seconde guerre mondiale. La nouveauté, aujourd'hui ? C'est l'usage que nous faisons quotidiennement des multiples applications désormais disponibles à tout moment. Dans notre vie quotidienne. Mais aussi, et c'est là qu'apparaît la grande rupture numérique désormais, à toutes les étapes du cycle de vie d'un bâtiment !

 

Numérique : toutes les filières du bâtiment sont concernées

Etudes de faisabilité, conception, réalisation, fabrication des équipements et produits, pose, gestion, entretien, maintenance : à chaque étape, le numérique permet d'améliorer l'efficacité des acteurs et de faire progresser la qualité des ouvrages tout en impactant sensiblement la chaîne de valeur.

Si la complémentarité des métiers est un fait avéré, la transversalité l'est un peu moins. Pourtant, diffuser les usages du numérique va nécessiter de développer une dimension transversale entre différents intervenants et corps de métiers pour tendre vers un mode collaboratif efficace, où chaque acteur joue un rôle et porte en lui une brique de valeur.

 

Guider les acteurs : telle est l'ambition du PTNB

L'avenir de la filière numérique se dessine, chaque jour un peu plus. Mais, de manière trop disparate. Difficile, donc, d'en mesurer la portée. Seule certitude, les géants mondiaux de l'informatique investissent massivement dans des programmes R&D et pour l'élaboration de logiciels toujours plus performants, venant ainsi accélérer la mutation en cours vers le « bâtiment numérique ». Des acteurs pour qui la transition vers le bâtiment numérique est inéluctable.
 
Au cours des 20 dernières années, boosté par l'incroyable percée du média Internet, l'informatique a gagné en performance et en fiabilité : elle a engendré d'incroyables gains de productivité dans tous les secteurs d'activités. Y compris dans le bâtiment où les personnes à l'aise avec l'outil informatique n'ont généralement pas hésité à adopter la maquette numérique.

 

1 000 milliards d'euros d'ici 2025 ! 

Pourtant, 60 % des professionnels du BTP disent être réfractaires à l'idée d'utiliser, non pas l'informatique, mais la maquette numérique. Une enquête réalisée par le cabinet McKinsey, en septembre 2014, sur le numérique, où l'on apprend aussi que si « les technologies numériques étaient pleinement déployées, elles pourraient engendrer des économies de près de 1 000 milliards d'euros, en France, d'ici 2025. »

 

 

BIM et maquette numérique

Le BIM, qui vient de l’acronyme anglais « Building Information Modeling », peut se traduire en français par modèle, modélisation, ou management des informations du bâtiment.

Le BIM n'est pas un outil ou un logiciel mais c'est l'ensemble des processus collaboratifs qui alimentent la maquette numérique tout au long du cycle de vie des ouvrages. Il permet le travail et la collaboration entre les différents intervenants d'un projet de construction et permet la conception et l'exploitation de la maquette numérique.

La maquette numérique constitue une base de données technique, standardisée, partagée. Elle contient les objets composant le bâtiment, leurs caractéristiques physiques, techniques et fonctionnelles et les relations entre ces objets comme la composition détaillée d'un mur ou la localisation d'un équipement dans une pièce.

 

Revue de détail

La maquette numérique contient toutes les données techniques d'un ouvrage. Elle va plus loin que la simple modélisation d'un bâtiment sous forme d'une visualisation 3D. Elle permet aux professionnels de définir avec une grande précision la teneur technique de leur intervention, la nature du support à analyser, l'endroit précis du travail à effectuer (réservation), d'identifier certains problèmes en amont de l'intervention. Cela est rendu possible par l'échange de données inhérent au fonctionnement de la maquette numérique, le processus collaboratif.

Les informations peuvent être partagées et diffusées en temps réel à tous les intervenants depuis la phase création jusqu'à la phase exploitation / maintenance de l'ouvrage, en passant par la phase d'exécution. Avec l'adoption du format IFC (norme ISO), les logiciels métiers peuvent devenir interopérables et échanger des informations entre eux.

La maquette numérique génère des informations standardisées, des données partageables, qui vont être utiles pour mieux concevoir, simuler, repérer des erreurs, améliorer la qualité de la construction et exploiter un bâtiment tout au long de son cycle de vie.

A la description géométrique d'un objet vient s'ajouter ses caractéristiques et la relation entre cet objet et les autres objets ou équipements d'un ouvrage. Percement d'un mur pour y ajouter une fenêtre ou une porte, pose des réseaux de fluides, jonction de murs .... Tout est contenu dans la maquette numérique de façon détaillé pour y faciliter les études techniques, puis l'exécution du chantier.

Au fur et à mesure de l'avancement du projet, la maquette numérique évolue car elle s'enrichit des données que chaque acteur va remplir, modifier ou améliorer.

Elle va permettre de constater visuellement les données techniques de l'ouvrage ou de suivre en temps réel les modifications apportées.

Les gains attendus sont nombreux :

  • Meilleure collaboration entre tous les acteurs de l'acte de construire,
  • Gain de temps à toutes les étapes grâce à une connaissance technique fine des informations de l'ouvrage
  • Amélioration de la qualité de la construction
  • Réduction de la sinistralité

Tous les acteurs de la filière bâtiment / construction sont concernés.